Este poema es una consciente subversión del género poético dedicado a Venus. Anadiomena significa "surgiendo de las aguas";con este poema, Rimbaud hace un acercamiento a la vez paródico y decadentista de la gloriosa belleza de Venus en su nacimiento (recordemos los cuadros de Botticelli, o el mismo Bouguereau).
Como de un ataúd de hojalata verde,
emerge una cabeza de
cabellos pringosos
y oscuros de mujer de
una bañera vieja,
brutal y lentamente,
con déficits bastante
mal
remendados; luego, el cuello graso
y gris, las paletillas
que resaltan,
la corta espalda que
entra y luego sale;
la redondez del lomo
parece tomar vuelo;
y aparece la grasa
bajo la piel a lonchas;
el espinazo está
rojizo, y todo de un olor
extrañamente
horrible; saltan a la vista
singularidades que hay
que ver con lupa...
Aparecen grabadas dos palabras
en los riñones: Clara
Venus;
Y se remueve el cuerpo
mientras se alza la grupa
horriblemente bella
ulcerada en el ano.
Soñado con vistas al infierno
Cuando llegue el invierno nos iremos los dos
en un vagón color de rosa
con cojines azules. ¡Ya verás
qué bien! Reposa un nido
de besos locos en cada rincón blando.Tú cerrarás los ojos para no ver las muecas,
a través del cristal, de las sombras nocturnas,
esas monstruosidades horribles, populacho
de lobos negros y demonios negros.Luego tú sentirás tu mejilla arañada...
Un beso diminuto correrá por tu cuello
como una araña loca...Y me dirás, bajando la mirada: "¡Búscala!".
Y nos llevará tiempo encontrar ese bicho
que viaja tantísimo...
(En vagón, 7 de octubre de 1870)
Ophélie
I
Sur l'onde calme et noire où dormentles étoiles
La blanche Ophélia flotte comme ungrand lys,
Flotte très lentement, couchéeen ses longs voiles ...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuvenoir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie encorolle
Ses grands voiles bercés mollementpar les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinentles roseaux.
Les nénuphars froissés soupirentautour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aunequi dort,
Quelque nid, d'où s'échappeun petit frisson d'aile:
- Un chant mystérieux tombe des astresd'or.
II
O pâle Ophélia! belle comme laneige!
Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
- C'est que les vents tombant des grands montsde Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpreliberté;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étrangesbruits;
Que ton coeur écoutait le chant dela Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirsdes nuits;
C'est que la voix des mers folles, immenserâle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain ettrop doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalierpâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve,ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neigeau feu:
Tes grandes visions étranglaient taparole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!
III
- Et le Poète dit qu'aux rayons desétoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs quetu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée enses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme ungrand lys.